L’agroécologie, une alternative pour atteindre la sécurité alimentaire ?

crédits photos : CIKOD

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La Sahel est marqué par des cycles continus de crises qui contribuent à la pauvreté chronique et croissante des populations. Des crises qui résultent d’une interaction complexe entre des facteurs environnementaux, politiques, économiques et sociaux. Les crises environnementales se traduisant par une irrégularité des saisons de pluies, la désertification, une dégradation avancée des sols conduisant à une réduction significative des récoltes et leurs corolaires de famine et de malnutrition des couches les plus vulnérables.

Selon Peter Gubbels, directeur pour l’action recherche pour le plaidoyer de Groundwell international, une ONG intervenant dans le domaine de l’environnement, la pauvreté persiste dans de nombreuses régions du Sahel. Car, dit-il, les petits agriculteurs et les éleveurs n’ont pas accès aux technologies appropriées et tardent à adopter des pratiques agricoles adéquates pour produire de façon durable et respectueuse de l’environnement.

Pour y remédier un tant soit peu, World Vision Mali en collaboration avec Groundswell International ont initié un projet dénommé « Eco-agriculture dans le Sahel » dont le but est d’améliorer la résilience des communautés.

Le projet, mis en œuvre au Burkina Faso, au Ghana et au Mali est consacré essentiellement à la promotion des techniques agro-écologiques et la régénération naturelle assistée (RNA). C’est le cadre de ce projet que s’est tenu les 27 et 28 mai dernier à Ouagadougou un atelier sous régional de partage d’idées sur les défis et pistes de solution pour une large adoption de l’agroécologie et la Régénération naturelle assistée (RNA).

Cet atelier a réuni des participants du Burkina Faso, du Mali et du Ghana avait pour objectifs de favoriser un échange d’expériences dans le domaine de l’agro-écologie/RNA des différents acteurs du Sahel, afin d’inciter à l’adoption des stratégies plus performantes et de renforcer les réseaux de promotion d’une meilleure gestion des ressources naturelles, de la résilience au changement climatique et la sécurité alimentaire des ménages.

Que retenir des deux jours de travaux ?

Pour lancer les échanges, des expériences en matière AE/RNA ont été présentées par 6 structures provenant du Mali, du Burkina et du Ghana. Ces présentations ont fait ressortir les activités conduites par ces structures, les stratégies de mise en œuvre, les acquis, enjeux et les défis pour une promotion de l’AE/RNA au Sahel.

Après les présentations de structures, les travaux se sont déroulés en groupe avec trois thématiques au centre des réflexions. Concernant le premier thème relatif à la promotion de AE/RNA au niveau communautaire on retient les défis majeurs tels que la motivation des paysans et agriculteurs à adopter davantage les RNA, l’encadrement de l’exploitation artisanale de l’or, élaboration d’une stratégie nationale sur l’agro écologie et la régénération naturelle assistée, leur promotion à travers des mécanisme de motivation des pratiquants modèles.

Ensuite, des solutions ont été trouvées sur la préoccupation relative au passage à l’échelle. Les participants ont proposé entre autres bonnes pratiques, l’utilisation des radios locales dans les villages ainsi que la sensibilisation a travers des outils de proximité tels les théâtres forum, les chansons traditionnelles, et la projection de films documentaires, une plus grande sécurité foncière autour des arbres champêtres, et l’émergence d’organisation féminines fortes et promotion d’un meilleur accès des femmes a la terre.

Enfin sur le troisième groupé qui a réfléchi sur la création d’un environnement favorable à la promotion de l’AE/RNA, les participants suggèrent la concertation multi acteurs pour une meilleure promotion de l’agro écologie, l’identification de mécanismes efficaces pour une prise en compte de l’AE dans les plans locaux de développement et les budgets, le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des structures locales engagées dans la promotion de l’AE, la diffusion des textes de sécurisation foncière a l’endroit des producteurs.

Par ailleurs, ils ont émis l’idée de créer un cadre entre les acteurs des trois pays pour poursuivre la lutte pour l’agroécologie et la protection de l’environnement. Les participants se sont tous accordés du bon déroulement de l’atelier. Quant à Fatoumata Batta, coordonnatrice régionale de Groundswell international au Burkina Faso, pour finir, s’est réjoui des conclusions des travaux avant de remercier « l’ensemble des participants la qualité à laquelle les travaux se sont déroulés ».

Abdourazak TRAORE

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