A Kaolack, ils ont marché pour la terre, l’eau et les semences paysannes

IMG_7217Le mardi 15 mars 2016, près de 500 personnes ont marché à Kaolack au Sénégal pour revendiquer le droit des populations à la terre, l’eau et aux semences. Cette marche s’inscrit dans le cadre de la caravane ouest-africaine pour la terre, l’eau et les semences, partie du Burkina Faso le 5 mars pour se retrouver au Sénégal en passant le Mali. La marche s’est terminée avec la remise du livre vert de la caravane au Gouverneur de la région, sorti accueillir les marcheurs.

« Ne touchez pas à ma terre, ne touchez pas à mon eau, ne touchez pas à mes semences paysannes » ! Mégaphones devant la bouche, les caravaniers ont répété à tue-tête ces slogans pendant plus d’une heure de marche.

Venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la République de Guinée, du Mali, de la Sierra Leone et bien sûr du Sénégal, environ 500 personnes ont ont fait le tour du marché central de Kaolack. Les marcheurs se sont arrêtés parfois pour expliquer aux passants quelque peu surpris, l’objectif de cette marche. Elle vise à demander aux autorités nationales et régionales d’œuvrer pour la protection des paysans contre les accaparements des terres, des ressources en eau et la préservation des semences locales, par l’adoption et l’amélioration des politiques. Les marcheurs ont aussi déployé de grandes banderoles pour dénoncer les différentes atteintes à leurs droits. Sur certaines banderoles on pouvait lire « non aux OGM », « halte au projet jatropha. Halte à l’indifférence et au mutisme des autorités », ou encore « Pour l’accès à la terre des femmes »

Les caravaniers se sont ensuite dirigés vers le gouvernorat, où ils ont lu une déclaration et remis au Gouverneur le livret vers de la convergence des luttes pour la terre, l’eau et les semences paysannes.

« Les droits des communautés à l’accès à la terre, à l’eau et à la semence sont inaliénables. Ces ressources naturelles sont vitales et sont une partie de notre héritage. Ce sont des biens communs et pas des marchandises », a déclaré, Malick Ba, qui a lu la déclaration devant le Gouvernorat.

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Dans leur déclaration, les marcheurs ont dénoncé « la main mise sur ces ressources naturelles par les entreprises, les gouvernements, les élites, les spéculateurs qui sont souvent soutenus par instituions financières ». « Il faut les sécuriser, les préserver, et bien les gérer pour le bien-être de nos sociétés et l’environnement pour la réalisation de nos droits humains », a lancé Malick Ba.

Tout en remerciant les marcheurs, Lamine Sagna le Gouverneur de la région les a invités à continuer à porter haut les aspirations des paysans. « Votre quête pour la terre, l’eau et les semences est une noble quête. Je ne peux que vous encourager et vous féliciter », a-t-il déclaré. Il s’est également réjouit de l’organisation de cette caravane ouest-africaine qui, selon lui, traduit « la cohésion des populations des états de la CEDEAO sur ces problèmes qui préoccupent ».

La caravane poursuivra sa route ce mercredi 16 mars en direction de Damniadio, puis à Dakar le 17 mars. Une cérémonie officielle de clôture s’y tiendra. Elle sera marquée par la remise du « livre vert de la convergence » au Président du Sénégal Macky Sall, Président en exercice de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Nourou-Dhine Salouka

Photo : N. Salouka.

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