Niger : Un guide pour protéger les droits de l’enfant dans le secteur agricole

Le réseau national des chambres d’agriculture (RECA) au Niger, a établi un guide pour mesurer les multiples dangers auxquels les enfants sont exposés dans le monde rural. Élaboré avec l’appui de la Fao, dans les régions d’Agadez, de Tillabéry et Tahoua (Niger), ce document informe et sensibilise les producteurs familiaux, pour une meilleure efficacité dans la lutte pour la protection des droits de l’enfant.

Selon le code du travail nigérien, « Les enfants ne peuvent être employés dans une entreprise, même comme apprentis, avant l’âge de quatorze (14) ans » quel que soit le domaine d’activité. Cependant la réalité est tout autre dans ce pays, où les populations ont adopté l’exploitation familiale comme solution à l’insécurité alimentaire. Les principales ressources humaines restent alors les membres des familles y compris les jeunes enfants. Il y a également le problème de la surcharge, auquel ils font face. En effet, il arrive que ces derniers transportent de charges dépassant leurs capacités. « Ce qui entraine la consommation de stupéfiants (dopage), la délinquance, des risques de blessures graves dues au port des sacs dépassant souvent les 100 kg ». Ils risquent l’intoxication, la déformation, le retard dans la croissance, des maladies pulmonaires, des dermatoses, la hernie etc.

Par ailleurs le code du travail nigérien en son article 107 avertit : « Les pires formes du travail des enfants sont interdites parmi lesquelles les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquels ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant. » Aussi faut-il ajouter les risques d’abandon de l’école.

Le RECA pense qu’il faut éradiquer ces types de dangers de la vie des enfants. Il faut former et informer les parents sur les risques qu’encourent leurs enfants. Scolariser les enfants. Encourager la création d’écoles de seconde chance à l’image des centres de formation aux métiers et des écoles professionnelles spécialisées.

Les secteurs agricole et hydraulique soient indissociables, des petits de moins de 13 ans sont contraints de faire des corvées d’eau pouvant atteindre 8 heures par jour sous une chaleur supérieure ou égale à 40 degré Celsius, selon le RECA. Ils courent des risques de blessures aux mains et la chute dans les puits. L’enfant est toujours dans un état de fatigue générale.

A long terme ces enfants seront confrontés à des maladies comme la déformation, la lombalgie, des maux de dos et bien d’autres.

Dans ce guide, élaboré avec l’aide de la Fao au Niger, le RECA préconise au monde agropastoral plusieurs alternatives afin de réduire le pénible travail des enfants.

Quant au secteur de l’élevage le RECA croit que la conduite des animaux par les enfants n’est pas exempte de dangers pour les touts petits. Ayant un âge compris entre 6 et 7 ans, ils sont exposés aux intempéries, aux risques des attaques par les animaux dangereux comme le chacal, le chien enragé, les hippopotames etc. Ils peuvent se noyer dans les eaux de breuvages des animaux, s’égarer, sauter sur les mines, se blesser dans les conflits qui opposent agriculteurs et éleveurs.

Au vu de cette situation le guide propose plusieurs solutions qui sont entre autres « la Création d’écoles nomades, la formation des enseignants, la révision des programmes scolaires pour intégrer la question de la réduction du travail des enfants et des droits des enfants ». Et pour la mise en œuvre de ces propositions, il faut sensibiliser les acteurs du monde pastoral, offrir « un appui aux parents pour la réduction de la pauvreté (programme de protection sociale, projet et programme de développement etc.) ».

En plus des corvées d’eau, il y a également la corvée de bois, un genre de travail qui touche de plus en plus les jeunes filles au Niger. La conséquence immédiate pour les scolarisées est le manque de révision des cours, et à long terme l’abandon de l’école.

« Aussi, peu d’actions visant à extraire les enfants n’ayant pas l’âge requis ou tendant à prévenir et réduire les risques du travail de l’enfant dans l’Agriculture, ont été initiées par les acteurs du secteur ». C’est l’une des raisons pour lesquelles ce guide a été conçu. Il a été fait par le RECA à la suite ,de la collecte de données de terrains dans les régions d’Agadez, de Tillabéry et Tahoua, de l’organisation de plusieurs ateliers régionaux de partage, validation et enrichissement qui ont réuni des producteurs, des représentants d’organisations de producteurs, des consulaires de Chambres Régionales d’Agricultures (OPA), les ONG et associations, le secteur privé et les institutions de l’administration du secteur, ainsi que des structures d’appui aux services agricoles, d’éducation, de santé, du travail et de la protection sociale.

Aya Félicité KOUMBERE

(Stagiaire)

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