« Pour le meilleur et pour l’oignon », le film d’ouverture du Festival

La troisième édition du festival Consom’Acteurs a débuté le jeudi 25 mai 2017 à Ouagadougou. Pour la première soirée consacrée au maraichage, c’est le film du réalisateur nigérien El hadj Magori intitulé « Pour le meilleur et pour l’oignon », qui a été servi aux participants. Après avoir visionné le film de 52 minutes qui retrace les conditions difficiles de la production de l’oignon, c’est par des débats bien nourris que la soirée a pris fin.

Les participants visiblement intéressés par le débat

A l’issue de la projection du film, ce sont des panelistes bien imprégner des questions de la production ainsi que la commercialisation des produits maraichers qui ont dirigé les débats avec les participants. Il s’agit d’Abdoulaye Tao, journaliste à l’Economiste du Faso, Claude Arsène Sawadogo de l’association Bio Protect, de Mahamoudou Congo de la boulangerie Faso leil et de Lamine Tangosgossé président de l’association Agrodia.

Au cours des échanges, c’est la problématique de l’utilisation  des pesticides par les maraichers en particulier  et  les producteurs en général qui a le plus alimenté les débats. A ce propos, Lamine Tangosgossé dit reconnaitre les effets néfastes de ces produits mais sa structure travaille à sensibiliser les producteurs pour une utilisation rationnelle. Le président de l’association agrodia, une association spécialisée dans la commercialisation des pesticides, a rassuré les participants de la disponibilité d’Agrodia à conscientiser les paysans à l’utilisation des produits bios.

« L’utilisation des produits chimiques est un crime ». selon Serges Bayala

« L’utilisation des produits chimiques est un crime ». C’est par ces propos que Serges Bayala un des participants aux débats a dépeint les risques liés à l’utilisation des pesticides. Pour lui, ces produits sont à l’origine  de nombreuses maladies telles que les cancers. Serge Bayala propose le retour aux anciennes méthodes culturales pour remédier à ce phénomène.  

Au regard de la dangerosité des produits chimiques, c’est l’agro écologie qui est recommandé par la plupart des intervenants. Réné Aimeneker du  Cinabio a précisé que l’Agro écologie  consiste à utiliser des techniques proches de la nature sans détruire son prochain. Mais pour obtenir les produits bios, le producteur doit faire contrôler sa production afin de bénéficier d’une certification.

En plus de la production, les participants et les panelistes se sont également intéressés à la commercialisation des produits des agriculteurs. Abdoulaye Tao estime que le secteur de l’agriculture peut être rentable à condition que l’Etat recadre les prix d’achat pour permettre aux producteurs de vendre leur récolte à un prix qui les permettra de vivre de leur production. Pour Salouka Boureima le secteur agricole constitue une opportunité économique pour la jeunesse burkinabè. Il propose que l’on mène une réflexion approfondie  afin de trouver des marchés porteurs pour les producteurs et cela pourrait éviter les migrations qui constituent des problèmes de l’heure.

Le festival Consom’Acteurs se veut un cadre de débat sur les enjeux de l’alimentation et de l’agriculture, un espace où les festivaliers discutent et proposent des solutions à certains défis.  La troisième édition se poursuit avec la soirée lait le vendredi 26 mai et la soirée coton le 27 mai 2017.

M’pempé Bernard HIEN

 

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« Pour le meilleur et pour l’oignon»: l’histoire d’un agriculteur soumis aux lois du marché

Les participants au Festival Consom’acteurs ont pu voyager ce 25 mai en territoire nigérien, grâce au docu-fiction « Pour le meilleur et pour l’oignon ». Un voyage qui les a immergés de plain-pied dans le champ d’un producteur d’oignon. Dans son chef-d’œuvre, le réalisateur El Hadj Magori relate l’histoire d’un petit agriculteur soumis aux lois du marché…

Nous sommes à Galmi, au Niger. Lasse d’assister continuellement aux nombreux mariages de ses amies,  Salamatou s’impatiente. Il faut qu’elle se marie à son tour. Son prétendant lui aussi meurt d’envie de lui passer la bague au doigt.

Il y a cependant un problème. Ces dernières années, Yaro le père de Salamatou, producteur d’oignons, n’a pas fait de bonnes récoltes. Pourtant, il lui faut débourser beaucoup d’argent. Salamatou a besoin d’un nouveau lit, d’une armoire… Bref, elle doit être fin prête pour rejoindre Abidjan avec son futur époux, lorsque l’union sera scellée.

Projection du Docu-fiction "Pour le meilleur et pour l'oignon" lors du Festival Consom'acteurs

“Pour le meilleur et pour l’oignon” ou les déconvenues d’un producteur d’oignon

Mais cette année encore, la saison s’annonce rude. Les sols sont presque arides. Le père de Salamatou ne se décourage pas pour autant. Avec sa famille, il se bat comme il peut. « Quoi qu’il en soit, le mariage aura bien lieu à la récolte », prévient-il.

Contre toute attente, Yaro constate quelques mois plus tard que son champ présente une bonne physionomie. La récolte est abondante. Mais ses ennuis se poursuivent tout de même. Le cours de l’oignon est en chute libre. Pourra-t-il toujours assurer les dépenses du mariage ? S’inquiète Yaro.

Une vue des participants lors du Festival Consom'acteurs

Les festivaliers ont suivi le docu-fiction d’El Hadi Magori avc beaucoup d’intérêt

Le docu-fiction d’El Hadj Magori s’appuie sur un fait social anodin (le mariage) pour au final s’interroger sur une préoccupation majeure : les conditions de production et de commercialisation des produits des petits agriculteurs locaux.

Elza Nongana, festivalière a, pour sa part, bien apprécié le docu-fiction « Pour le meilleur et pour l’oignon ». « Le réalisateur a eu la bonne idée de mettre en lumière les difficultés que rencontrent quotidiennement les agriculteurs, de la production à l’écoulement », a-t-elle avancé. « C’est vraiment injuste de se rendre compte que ces agriculteurs abattent le plus gros du boulot et qu’au finish, ils sont soumis aux caprices des cours de leurs produits », a-t-elle déploré.

Resbron Guy Barry

Acte 3 du festival consom’acteurs : L’ABJCA tient le pari

C’est résolument parti pour les activités de la troisième édition du festival de films sur l’alimentation et l’agriculture ‘’ Consom’acteurs’’. Porté par l’ABJCA, l’Association burkinabè des journalistes et communicateurs agricoles, il se veut une occasion pour les participants de s’interroger sur les modes de production agricoles et l’alimentation.

Inoussa Maiga, président de l’ABJCA

« Un lieu de rencontre entre des citoyens qui discutent des questions qui concernent ce que nous avons dans nos assiettes, afin de faire des choix judicieux sur l’alimentation ». Voilà comment Inoussa Maiga a présenté le festival Consom’acteurs, à l’ouverture de la 3e édition. Le président de l’ABJCA est convaincu qu’il faut plus que jamais susciter le débat sur les pratiques de production. Il a rappelé l’affaire dite du riz en plastique qui serait commercialisé sur le marché burkinabé et dont la presse nationale a fait échos.

Le festival consom’acteurs, c’est trois éditions organisées sans discontinuer. En dépit des difficultés rencontrées cette année dans la mobilisation des ressources, l’ABJCA  a tient néanmoins le pari de respecter son rendez-vous annuel. À l’image des éditions antérieures, le public ne s’est pas fait prié pour assister à la projection du premier film de l’édition 2017.

Pour la première soirée de festival, les participants ont eu droit à la « soirée spéciale maraîchage ». « Pour le meilleur et pour l’ognon. » ; voilà le film qui a ouvert le bal des projections de films. Le Docu-fiction de 52 minutes du nigérien Elhadj Magori présente les difficultés que rencontrent les producteurs de c

La première soirée a connu un réel succès

e légume, du fait de l’instabilité des prix. Une problématique qui a visiblement intéressé le public, au regard de la qualité des débats, conduit sous la direction de quatre panélistes bien au fait de la question.

En plus des projection de films suivis de débats, la 3e édition invite le public à découvrir des stands d’exposition, mais aussi à déguster des mets locaux. Les deux dernières soirées seront consacrées au lait et au coton. L’acte 3 de consom’acteurs promet déjà d’être un rendez-vous réussi.

Nouroudine Lenoble LOUGUE

Communiqué de presse : La troisième édition du festival Consom’Acteurs s’ouvre ce jeudi 25 mai 2017

L’Association Burkinabè des Journalistes et Communicateurs Agricoles (ABJCA) tient son festival de films sur l’Alimentation et l’Agriculture les 25, 26 et 27 mai 2017, à Ouagadougou, au siège de l’Autorité du Liptako Gourma.

Après deux éditions qui ont démontré tout l’intérêt de l’initiative, la troisième édition du festival poursuit dans la même ambition de faire de chaque chaque citoyen burkinabè un consommateur responsable, actif et averti. Et cela, à travers les débats sur les enjeux du moment, en matière d’alimentation et d’agriculture.

Communiqué de presse FFAA2017

Niger : Un guide pour protéger les droits de l’enfant dans le secteur agricole

Le réseau national des chambres d’agriculture (RECA) au Niger, a établi un guide pour mesurer les multiples dangers auxquels les enfants sont exposés dans le monde rural. Élaboré avec l’appui de la Fao, dans les régions d’Agadez, de Tillabéry et Tahoua (Niger), ce document informe et sensibilise les producteurs familiaux, pour une meilleure efficacité dans la lutte pour la protection des droits de l’enfant.

Selon le code du travail nigérien, « Les enfants ne peuvent être employés dans une entreprise, même comme apprentis, avant l’âge de quatorze (14) ans » quel que soit le domaine d’activité. Cependant la réalité est tout autre dans ce pays, où les populations ont adopté l’exploitation familiale comme solution à l’insécurité alimentaire. Les principales ressources humaines restent alors les membres des familles y compris les jeunes enfants. Il y a également le problème de la surcharge, auquel ils font face. En effet, il arrive que ces derniers transportent de charges dépassant leurs capacités. « Ce qui entraine la consommation de stupéfiants (dopage), la délinquance, des risques de blessures graves dues au port des sacs dépassant souvent les 100 kg ». Ils risquent l’intoxication, la déformation, le retard dans la croissance, des maladies pulmonaires, des dermatoses, la hernie etc.

Par ailleurs le code du travail nigérien en son article 107 avertit : « Les pires formes du travail des enfants sont interdites parmi lesquelles les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquels ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant. » Aussi faut-il ajouter les risques d’abandon de l’école.

Le RECA pense qu’il faut éradiquer ces types de dangers de la vie des enfants. Il faut former et informer les parents sur les risques qu’encourent leurs enfants. Scolariser les enfants. Encourager la création d’écoles de seconde chance à l’image des centres de formation aux métiers et des écoles professionnelles spécialisées.

Les secteurs agricole et hydraulique soient indissociables, des petits de moins de 13 ans sont contraints de faire des corvées d’eau pouvant atteindre 8 heures par jour sous une chaleur supérieure ou égale à 40 degré Celsius, selon le RECA. Ils courent des risques de blessures aux mains et la chute dans les puits. L’enfant est toujours dans un état de fatigue générale.

A long terme ces enfants seront confrontés à des maladies comme la déformation, la lombalgie, des maux de dos et bien d’autres.

Dans ce guide, élaboré avec l’aide de la Fao au Niger, le RECA préconise au monde agropastoral plusieurs alternatives afin de réduire le pénible travail des enfants.

Quant au secteur de l’élevage le RECA croit que la conduite des animaux par les enfants n’est pas exempte de dangers pour les touts petits. Ayant un âge compris entre 6 et 7 ans, ils sont exposés aux intempéries, aux risques des attaques par les animaux dangereux comme le chacal, le chien enragé, les hippopotames etc. Ils peuvent se noyer dans les eaux de breuvages des animaux, s’égarer, sauter sur les mines, se blesser dans les conflits qui opposent agriculteurs et éleveurs.

Au vu de cette situation le guide propose plusieurs solutions qui sont entre autres « la Création d’écoles nomades, la formation des enseignants, la révision des programmes scolaires pour intégrer la question de la réduction du travail des enfants et des droits des enfants ». Et pour la mise en œuvre de ces propositions, il faut sensibiliser les acteurs du monde pastoral, offrir « un appui aux parents pour la réduction de la pauvreté (programme de protection sociale, projet et programme de développement etc.) ».

En plus des corvées d’eau, il y a également la corvée de bois, un genre de travail qui touche de plus en plus les jeunes filles au Niger. La conséquence immédiate pour les scolarisées est le manque de révision des cours, et à long terme l’abandon de l’école.

« Aussi, peu d’actions visant à extraire les enfants n’ayant pas l’âge requis ou tendant à prévenir et réduire les risques du travail de l’enfant dans l’Agriculture, ont été initiées par les acteurs du secteur ». C’est l’une des raisons pour lesquelles ce guide a été conçu. Il a été fait par le RECA à la suite ,de la collecte de données de terrains dans les régions d’Agadez, de Tillabéry et Tahoua, de l’organisation de plusieurs ateliers régionaux de partage, validation et enrichissement qui ont réuni des producteurs, des représentants d’organisations de producteurs, des consulaires de Chambres Régionales d’Agricultures (OPA), les ONG et associations, le secteur privé et les institutions de l’administration du secteur, ainsi que des structures d’appui aux services agricoles, d’éducation, de santé, du travail et de la protection sociale.

Aya Félicité KOUMBERE

(Stagiaire)

A Ouagadougou, le concept de “marché éco-local” fait son chemin

Un marché consacré aux produits 100% naturels et locaux. Le concept fait son chemin à Ouagadougou depuis maintenant un an.

A l’entrée du restaurant le Foyer, rien ne signale à priorité un marché. Au sein de l’Atelier Théâtre Burkinabè, le Foyer est un restaurant, plus connu comme espace culturel pour les concerts qui se tiennent là chaque vendredi. La promotrice est une Burkinabè d’origine belge, Mme Mien Konkobo de Graeve. Installée dans ce quartier culturel depuis 2013, elle fait des produits locaux et bio l’essentiel de son menu. Mieux, elle ne cache pas son engagement pour la promotion de la production et de la consommation locales.

Depuis un an, le Foyer se transforme chaque samedi en marché de produits locaux et accueille les adeptes du bio. Des producteurs locaux proposent des légumes, de la pâtisserie, des confitures, du miel, du moringa, des fruits séchés, du fromage et bien d’autres produits alimentaires, avec la même particularité : des produits naturels, sans pesticides. Selon Mien de Graeve, le marché éco-local veut valoriser la production locale, mais également un mode de production, l’agro-écologie.

A l’origine de cette initiative, la rencontre entre la promotrice du restaurant le Foyer et un pâtissier, Mahamoudou Congo. Mais surtout, un engagement commun à promouvoir le “consommons burkinabè” cher à Thomas Sankara. Promoteur de la boulangerie “Fasoleil”, Mahamoudou Congo propose chaque samedi au marché éco-local une gamme de patisserie à base de produits locaux tels que le mil, le maïs.

Ce samedi 06 mai, le marché local fêtait son premier anniversaire. L’affluence n’est pas ce qui impressionne le plus. Elle reste d’ailleurs le grand défis à relever. Malgré cette faible affluence, les promoteurs restent positifs et se félicitent d’avoir pu créer trois marchés en un an.

“Notre rêve c’est d’avoir un marché éco-local dans chaque quartier de la ville de Ouagadougou” explique Mien de Graeve. Le concept pourrait bientôt gagner d’autres villes du Burkina. Pour le moment, le marché peut compter sur quelques clients fidèles qui ont compris que consommer bio et local est un investissement dans leur bien-être et pour le développement durable.

“Cultivons”, pour un monde sans faim

Oxfam au Burkina table sur une meilleure implication des journalistes burkinabè dans la campagne “Cultivons” qu’elle met en oeuvre pour influencer les politiques agricoles. Dans le cadre de cette la campagne, l’ONG a organisé un atelier de partage d’informations avec les journalistes le 13 avril 2017 à Ouagadougou.

D’ici 2050 la demande de nourriture va augmenter de 70%. En effet, selon Oxfam, « les élites locales et les investisseurs étrangers déplacent les producteurs familiaux », avec pour conséquence d’accentuer leur niveau vulnérabilité et de la pauvreté. Ce sont des problèmes auxquels toutes les parties prenantes du monde agricoles doivent réfléchir. Pour sa part, Oxfam croit en un monde où chacun pourra manger à sa faim. A travers sa campagne « Cultivons », l’ONG veut mettre fin au contraste d’une « planète qui produit assez de nourriture pour tous, mais avec plus d’un milliard d’affamés.»

Oxfam est convaincue que pour atteindre la sécurité alimentaire et bouter la famine hors de nos pays, il faut investir  dans l’agriculture familiale, renforcer la résilience des populations et promouvoir la consommation des produits locaux. Pour ce faire, il faut mettre un frein à l’accaparement des terres par les plus riches: « La concurrence pour le contrôle des ressources compromet l’avenir des exploitants à petite échelle » avertit Oxfam. Il faut ainsi permettre aux petits producteurs d’avoir des crédits et des intrants agricoles.

La création d’une banque agricole, annoncée pour fin 2017, pourrait faciliter l’accès  aux crédits aux paysans surtout aux femmes et aux jeunes pour un système alimentaire juste, productif et durable.

Au Burkina Faso où 60% du monde agricole a un visage féminin, Oxfam accorde une priorité aux femmes du monde rural afin de pallier les difficultés qu’elles rencontrent dans les domaines agro pastorales. Parmi ces diffultés figure l’accès sécurisé à la terre.

Présent dans 70 pays au monde, Oxfam délocalisera son siège à Nairobi en 2019. L’organisation a également décidé de se réorganiser afin de devenir « one Oxfam »; une seule Oxfam avec une seule stratégie pays, un directeur pays, une équipe et un  budget compris entre 6 et 7 milliards par an.

Aya Félicité KOUMBERE (stagiaire)