A Ouagadougou, le concept de “marché éco-local” fait son chemin

Un marché consacré aux produits 100% naturels et locaux. Le concept fait son chemin à Ouagadougou depuis maintenant un an.

A l’entrée du restaurant le Foyer, rien ne signale à priorité un marché. Au sein de l’Atelier Théâtre Burkinabè, le Foyer est un restaurant, plus connu comme espace culturel pour les concerts qui se tiennent là chaque vendredi. La promotrice est une Burkinabè d’origine belge, Mme Mien Konkobo de Graeve. Installée dans ce quartier culturel depuis 2013, elle fait des produits locaux et bio l’essentiel de son menu. Mieux, elle ne cache pas son engagement pour la promotion de la production et de la consommation locales.

Depuis un an, le Foyer se transforme chaque samedi en marché de produits locaux et accueille les adeptes du bio. Des producteurs locaux proposent des légumes, de la pâtisserie, des confitures, du miel, du moringa, des fruits séchés, du fromage et bien d’autres produits alimentaires, avec la même particularité : des produits naturels, sans pesticides. Selon Mien de Graeve, le marché éco-local veut valoriser la production locale, mais également un mode de production, l’agro-écologie.

A l’origine de cette initiative, la rencontre entre la promotrice du restaurant le Foyer et un pâtissier, Mahamoudou Congo. Mais surtout, un engagement commun à promouvoir le “consommons burkinabè” cher à Thomas Sankara. Promoteur de la boulangerie “Fasoleil”, Mahamoudou Congo propose chaque samedi au marché éco-local une gamme de patisserie à base de produits locaux tels que le mil, le maïs.

Ce samedi 06 mai, le marché local fêtait son premier anniversaire. L’affluence n’est pas ce qui impressionne le plus. Elle reste d’ailleurs le grand défis à relever. Malgré cette faible affluence, les promoteurs restent positifs et se félicitent d’avoir pu créer trois marchés en un an.

“Notre rêve c’est d’avoir un marché éco-local dans chaque quartier de la ville de Ouagadougou” explique Mien de Graeve. Le concept pourrait bientôt gagner d’autres villes du Burkina. Pour le moment, le marché peut compter sur quelques clients fidèles qui ont compris que consommer bio et local est un investissement dans leur bien-être et pour le développement durable.

“Cultivons”, pour un monde sans faim

Oxfam au Burkina table sur une meilleure implication des journalistes burkinabè dans la campagne “Cultivons” qu’elle met en oeuvre pour influencer les politiques agricoles. Dans le cadre de cette la campagne, l’ONG a organisé un atelier de partage d’informations avec les journalistes le 13 avril 2017 à Ouagadougou.

D’ici 2050 la demande de nourriture va augmenter de 70%. En effet, selon Oxfam, « les élites locales et les investisseurs étrangers déplacent les producteurs familiaux », avec pour conséquence d’accentuer leur niveau vulnérabilité et de la pauvreté. Ce sont des problèmes auxquels toutes les parties prenantes du monde agricoles doivent réfléchir. Pour sa part, Oxfam croit en un monde où chacun pourra manger à sa faim. A travers sa campagne « Cultivons », l’ONG veut mettre fin au contraste d’une « planète qui produit assez de nourriture pour tous, mais avec plus d’un milliard d’affamés.»

Oxfam est convaincue que pour atteindre la sécurité alimentaire et bouter la famine hors de nos pays, il faut investir  dans l’agriculture familiale, renforcer la résilience des populations et promouvoir la consommation des produits locaux. Pour ce faire, il faut mettre un frein à l’accaparement des terres par les plus riches: « La concurrence pour le contrôle des ressources compromet l’avenir des exploitants à petite échelle » avertit Oxfam. Il faut ainsi permettre aux petits producteurs d’avoir des crédits et des intrants agricoles.

La création d’une banque agricole, annoncée pour fin 2017, pourrait faciliter l’accès  aux crédits aux paysans surtout aux femmes et aux jeunes pour un système alimentaire juste, productif et durable.

Au Burkina Faso où 60% du monde agricole a un visage féminin, Oxfam accorde une priorité aux femmes du monde rural afin de pallier les difficultés qu’elles rencontrent dans les domaines agro pastorales. Parmi ces diffultés figure l’accès sécurisé à la terre.

Présent dans 70 pays au monde, Oxfam délocalisera son siège à Nairobi en 2019. L’organisation a également décidé de se réorganiser afin de devenir « one Oxfam »; une seule Oxfam avec une seule stratégie pays, un directeur pays, une équipe et un  budget compris entre 6 et 7 milliards par an.

Aya Félicité KOUMBERE (stagiaire)

Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

Au Burkina Faso, les jours de Monsanto sont comptés. La multinationale se retire du pays. L’introduction de son coton OGM en 2009 ne s’y est pas vraiment passée comme prévu : présentée comme une solution miracle aux attaques de ravageurs, la nouvelle variété a surtout fini par ravager la qualité et la réputation du coton burkinabè. Mais le géant agro-chimique n’est pas seul en cause : à l’heure d’établir les responsabilités, les autorités locales sont en première ligne. Basta ! publie en exclusivité une enquête en trois parties sur la filière du coton transgénique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Première étape : comment la firme américaine a réussi à y vendre son coton transgénique.

PAR ABDUL RAZAC NAPON, MIEN DE GRAEVE, WOUTER ELSEN

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Opportunité: l’ABJCA recrute un (e) stagiaire

Dans le cadre de ses activités, l’Association Burkinabè des Journalistes et Communicateurs Agricoles (ABJCA) recherche un(e) stagiaire pour une durée de deux mois. Vous êtes étudiant (e)s en communication ou en journalisme et intéressé(e)s par les thèmes de l’Agriculture et de l’Alimentation, rejoignez notre association en tant que stagiaire et faites-vous une expérience professionnelle. 

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Télécharger l’Offre de stage pour prendre connaissance des conditions et des autres détails.

Le stagiaire recevra une indemnité pour couvrir les différents frais occasionnés par l’exécution de ses différentes tâches. Toutes les démarches et tâches s’exécutent à Ouagadougou.

Pour postuler, envoyez un CV et une lettre de motivation à l’adresse suivante : abjca.contact@gmail.com avant le samedi 25 mars 2017.

Nouvelle dynamique dans l’agriculture familiale en Afrique

Blog pour la Souveraineté alimentaire

Les « mirages des blancs » d’un côté, le recours aux nouvelles technologies de l’information de l’autre… l’agriculture, premier pourvoyeur d’emploi du continent, est à la croisée des chemins: des efforts pour associer NTIC et savoirs traditionnels dessinent une voie prometteuse…

« Redevenir agriculteur, lorsqu’on est allé à l’école, les gens voient ça comme une malédiction. Ça a été extrêmement difficile pour moi de faire ce choix, mais j’ai tenu le coup. Cette ténacité a fini par convaincre les gens que je n’étais pas sur le mauvais chemin », a témoigné Pascal Genou devant les élèves du lycée agricole d’Ettelbruck de la filière maraichage fin 2016. Le parcours singulier de ce jeune Béninois a séduit son auditoire et apporté beaucoup de motivation! portrait-pg-au-lta

« Il faut faire prendre conscience que les méthodes traditionnelles sont pleines de vertus et qu’il faut abandonner le mirage des produits de synthèses des blancs. » Distingué…

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Festival Consom’Acteur: Des défis et des idées

Le festival Consom’Acteur est un cadre de débat sur les enjeux de l’alimentation et de l’agriculture. Un espace où nos festivaliers discutent et proposent des solutions à certains défis. Pour la deuxième édition, nous avons recueilli quelques idées émises lors des débats qui ont suivi les projections

“La question du financement n’est pas simple. C’est l’élément qui ralentit l’entrepreneuriat. Mais, il faut aller avec les moyens qu’on a.” Alphonse Sié Palm, promoteur d’une ferme d’embouche porcine

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Alphonse Sié Palm, promoteur d’une ferme d’embouche porcine. 

La question du financement n’est pas simple. C’est l’élément qui ralentit l’entrepreneuriat. Mais, il faut aller avec les moyens qu’on a. Quand on réfléchit sur un projet, nous voulons avoir tous les moyens à notre disposition pour le lancer. Il faut arriver à lancer le projet avec les moyens qu’on a. lorsqu’on lance le projet avec les moyens qu’on a, on peut être financé après. Aucune structure ne viendra vous financer tant que vous n’avez pas d’expériences dans le domaine, tant que vous n’avez pas fait un pas pour montrer au banquier que vous êtes engagé et que c’est pour cela que vous avez mis un franc, deux francs dans le projet. »

“L’initiative des jardins de santé a contribué à dimimuer les cas de malnutrition.” Assumi Abdel Aziz, responsable santé-nutrition à Action contre la faim (ACF) Burkina

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Abdoul Aziz, responsable santé-nutrition à Action contre la Faim (ACF).

« Le concept ‘’ Jardin de la santé ’’ est une approche qui permet d’améliorer la disponibilité et l’accès pour une alimentation de bonne qualité. Il est basé sur un certain nombre de principe, notamment la question de la production maraichère, de l’insertion des femmes en terme de «pouvoir économique », du changement de comportement de ces femmes et aussi de la diversification alimentaire ; de manière générale, à une alimentation adéquate.

L’objectif de jardins de la santé, ‘est de pouvoir arriver à un impact nutritionnel. Qu’est-ce que nous appelons impacts nutritionnels ? C’est de pouvoir arriver à une diminution des cas de malnutrition de manière générale. Quand on parle de jardins de la santé, il ne faut pas seulement voir la notion de « santé ». Ce sont des interventions qui sont multi facteurs, qui sont multidisciplinaires en termes d’intervenants. Nous avons la question de la santé qui est évoqué, la question de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, la question de la sécurité alimentaire. En gros, c’est un paquet d’activités qui permet dans un ménage spécifique, de pouvoir arriver à un impact nutritionnel et de démunie les cas de malnutrition. ».

“Il faut mettre l’accent sur l’amélioration des capacités d’adaptation des éleveurs aux changements climatiques, notamment en intégrant de nouvelles pratiques, de nouveaux comportements et en partageant surtout de bonnes pratiques.” Cissé Boubacar, point focal du réseau Billital Maorobè (RBM) au Burkina.

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Cissé Boubacar, point focal de Réseau Billital Maorobé (RBM) au Burkina.

« La question du pastoralisme est une question centrale dans le contexte actuel de notre sous-région, d’autant plus que cela relève d’une vie humaine. C’est un mode production, un mode de vie également. Nous pensons qu’il faut mettre l’accent sur trois axes essentiels. D’abord, l’amélioration des politiques de nos pays à l’endroit du pastoralisme. Il faut qu’il y ait véritablement des politiques qui accompagnent ce secteur. Deuxièmement, l’amélioration des capacités d’adaptation des éleveurs aux changements climatiques, notamment en intégrant de nouvelles pratiques, de nouveaux comportements ; mais en partageant surtout de bonnes pratiques. Le troisième axe, c’est la concertation inter Etats. Le pastoralisme est une question de mobilité ; et qui dit mobilité dit intégration. Le pastoralisme nous recommande d’avoir une concertation entre les Etats par rapport à la question de la mobilité, par rapport à la question de l’élevage.

Je pense que si chacun joue sérieusement son rôle, le combat pour l’adaptation du pastoralisme à ses défis sera gagné. Partout dans la sous-région, là où nous avons des situations de crise, en majorité ce sont des zones où le pastoralisme est beaucoup développé. Posons-nous la question de savoir pourquoi c’est là-bas que ça ne va pas, pourquoi c’est là-bas que le problème d’insécurité se pose, pourquoi c’est là-bas que le niveau de pauvreté est élevé. C’est dire que chacun doit jouer pleinement son rôle. Que ce soit les Etats, les populations, les éleveurs où les partenaires techniques et financiers. C’est ainsi que nous allons gagner ce combat. ».

“Pour résoudre les problèmes de la culture du coton, il faut aussi aller aux les bio-pesticides qui protègent l’environnement.” Yacouba Coura, Vice président de l’Union national des producteurs de coton du Burkina (UNPCB)

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Yacouba Coura, vice-président de l’UNPCB.

« La difficulté au niveau de la production du coton, c’est le prix du coton qui est souvent flexible, qui n’est pas stable. Il y a aussi le coût des intrants qui est élevé. C’est cela qui constitue la difficulté. Il y a aussi les aléas climatiques qui ne favorisent pas le producteur. Au niveau de la récolte, il y a une autre difficulté, c’est la main-d’œuvre. Nous pouvons bien produire, mais rencontrer plein de problèmes à la récolte. Il y a les animaux qui nous endettent, le vent. Tout cela pose de sérieux problèmes.

Pour résoudre les problèmes de la culture du coton, il faut renforcer les capacités des producteurs en les formant notamment au travail de la fumure organique. C’est un moyen d’accroissement nos rendements. Il faut aussi aller aux les bio-pesticides qui protègent l’environnement. Je pense que ce sont des solutions. Egalement, nous pouvons aller à la modernisation en rendant disponible des outils, qui vont nous aider à aller de l’avant. Les autorités également doivent prendre les devants des choses pour la transformation du coton. C’est cela qui va vraiment faire vivre les producteurs de coton des fruits de leur sueur. »

 

Propos recueillis par Nouroudine Lenoble LOUGUE, Hadepté Dâ et Danouma Ismaèl TRAORE