3e édition de consom’acteurs : Une réussite!

C’est fini pour la 3e édition du festival de films sur l’alimentation et l’agriculture ‘’consom’acteurs’’. Après trois jours de projection suivi de débat, de dégustation de mets locaux et d’exposition, c’est un satisfecit qui s’est observé chez les organisateurs mais aussi chez les festivaliers.

La photo de famille

La culture maraichère, le lait et le coton. Voilà les thématiques autour desquelles se sont tenu la 3e édition du festival consom’acteurs. Trois jours durant lesquels le public a montré un intérêt pour l’évènement. C’est toujours devant une salle pleine que  les films ont été projetés. La dégustation des mets locaux et la découverte des expositions ont aussi attiré les festivaliers.

La dernière soirée a été réservée à la question du coton. Pour ce faire, les festivaliers ont d’abord eu droit à ‘’ Ti Tiimou’’ du burkinabè Michel Zongo. Le cout-métrage documentaire donne la parole aux populations de la zone de Fada, qui s’expriment sur la gestion des ressources naturelles et de la filière coton. En tombée de rideau, c’est ‘’The cotton connexion’’ qui a été servi. Le documentaire raconte l’histoire de l’introduction du coton BT au Burkina. Elle jette aussi de la lumière sur la résistance des paysans contre une variété qui n’a eu de réel mérite que d’accroitre leur misère. Environs une heure et demi de projection qui aura suffi pour suscité un intéressant débat. Entre les questions, les témoignages, les commentaires et les éclaircissements, les festivaliers ont pu entrer dans un monde où circule beaucoup d’argent mais dans lequel les producteurs sont surexploités.

Les explications de Mien de Grave, une des réalisatrice de ‘’The cotton connexion’’ ont été suivi avec intérêt

C’est par une photo de famille que les participants se sont donné rendez-vous pour l’édition 2018.  Une édition que Inoussa Maiga et ses camarades de l’ABJCA veulent encore plus réussie. Mais d’ici là, les activités de l’association se poursuivent et peuvent être consultées sur son blog.

Nouroudine Lenoble LOUGUE

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« Pour le meilleur et pour l’oignon », le film d’ouverture du Festival

La troisième édition du festival Consom’Acteurs a débuté le jeudi 25 mai 2017 à Ouagadougou. Pour la première soirée consacrée au maraichage, c’est le film du réalisateur nigérien El hadj Magori intitulé « Pour le meilleur et pour l’oignon », qui a été servi aux participants. Après avoir visionné le film de 52 minutes qui retrace les conditions difficiles de la production de l’oignon, c’est par des débats bien nourris que la soirée a pris fin.

Les participants visiblement intéressés par le débat

A l’issue de la projection du film, ce sont des panelistes bien imprégner des questions de la production ainsi que la commercialisation des produits maraichers qui ont dirigé les débats avec les participants. Il s’agit d’Abdoulaye Tao, journaliste à l’Economiste du Faso, Claude Arsène Sawadogo de l’association Bio Protect, de Mahamoudou Congo de la boulangerie Faso leil et de Lamine Tangosgossé président de l’association Agrodia.

Au cours des échanges, c’est la problématique de l’utilisation  des pesticides par les maraichers en particulier  et  les producteurs en général qui a le plus alimenté les débats. A ce propos, Lamine Tangosgossé dit reconnaitre les effets néfastes de ces produits mais sa structure travaille à sensibiliser les producteurs pour une utilisation rationnelle. Le président de l’association agrodia, une association spécialisée dans la commercialisation des pesticides, a rassuré les participants de la disponibilité d’Agrodia à conscientiser les paysans à l’utilisation des produits bios.

« L’utilisation des produits chimiques est un crime ». selon Serges Bayala

« L’utilisation des produits chimiques est un crime ». C’est par ces propos que Serges Bayala un des participants aux débats a dépeint les risques liés à l’utilisation des pesticides. Pour lui, ces produits sont à l’origine  de nombreuses maladies telles que les cancers. Serge Bayala propose le retour aux anciennes méthodes culturales pour remédier à ce phénomène.  

Au regard de la dangerosité des produits chimiques, c’est l’agro écologie qui est recommandé par la plupart des intervenants. Réné Aimeneker du  Cinabio a précisé que l’Agro écologie  consiste à utiliser des techniques proches de la nature sans détruire son prochain. Mais pour obtenir les produits bios, le producteur doit faire contrôler sa production afin de bénéficier d’une certification.

En plus de la production, les participants et les panelistes se sont également intéressés à la commercialisation des produits des agriculteurs. Abdoulaye Tao estime que le secteur de l’agriculture peut être rentable à condition que l’Etat recadre les prix d’achat pour permettre aux producteurs de vendre leur récolte à un prix qui les permettra de vivre de leur production. Pour Salouka Boureima le secteur agricole constitue une opportunité économique pour la jeunesse burkinabè. Il propose que l’on mène une réflexion approfondie  afin de trouver des marchés porteurs pour les producteurs et cela pourrait éviter les migrations qui constituent des problèmes de l’heure.

Le festival Consom’Acteurs se veut un cadre de débat sur les enjeux de l’alimentation et de l’agriculture, un espace où les festivaliers discutent et proposent des solutions à certains défis.  La troisième édition se poursuit avec la soirée lait le vendredi 26 mai et la soirée coton le 27 mai 2017.

M’pempé Bernard HIEN